Dimanche 11 décembre 2011
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Le 24 Avril, 2010

BWEMBA –
BONG
Membre du Cercle SAMORY
Groupe de Réflexion sur la Culture Africaine
pour la Renaissance du Peuple Noir
Selon une tradition solidement établie dans ses rapports avec l'Afrique Noire, l'Etat
français tente toujours de camoufler ses actes d'agression contre les peuples africains en opération humanitaire. Hier, c'était le Cameroun, le Centrafrique, le Tchad, le Togo, le Gabon ou encore
le Zaïre devenu tristement célèbre avec les opérations Shaba, Kolwezi en 1977 et 1978, sous le pouvoir de Valéry Giscard d’Estaing, le cher parent de Jean-Bedel Bokassa, dictateur et empereur
proclamé du Centrafrique.
Aujourd'hui, c'est le Rwanda, avec la tonitruante opération Turquoise présentée comme le
fleuron des traditions humanitaires de la France.
LA COOPERATION FRANCO-AFRICAINE ou LE REGNE DES MAGOUILLES EN TOUS GENRES.
Ce que la France ne dira jamais, c'est que le pogrom du Rwanda qui n'a pas
encore fini de charrier ses victimes, est le résultat logique de l'opposition farouche des magouilleurs de la francophonie de voir s'installer en Afrique Noire, ne serait-ce qu'un début de
démocratisation des dictatures néocoloniales à travers une vaste organisation mafieuse pudiquement baptisée coopération franco-africaine. Organisation qui permet aux hommes d'affaires français et à
leurs amis, les dictateurs africains, de faire main basse sur toute l'économie de l'Afrique Noire dite francophone. Comme l'analyse si justement Jacques Julliard dans Le Nouvel Observateur du 20 au
27 Juillet 1994 :"ici un tiers-mondisme affirmé, où se dessine la patte de Régis DEBRAY première manière, on trouve "là un néocolonialisme sans vergogne, élargi aux nouvelles bourgeoisies locales
dans la continuité de Jacques FOCCART. Ce ne sont plus désormais des peuples qui sont à aider mais des clientèles qui sont à ménager, des intérêts qu'il convient de faire fructifier ensemble" (voir
également Ces Messieurs Afrique) sous la vigilante protection des troupes françaises veillant au grain, sous le couvert d'Accords de Défense.
Ce sont ces hommes, généralement détachés des FAR (Forces d'Intervention
Rapide) qui, curieusement, ne sont pas dépêchés en Algérie pour protéger les ressortissants français particulièrement exposés aux opérations du Front Islamique du Salut (FIS) dans ce pays, qui ont
entraîné, armé et encadré les tueurs de l'armée et de la milice du défunt dictateur rwandais Juvénal Habyarimana ami de François Mitterrand et qui, de façon sure ont conduit de main de maître le
pogrom rwandais qui a débuté en Avril 1974 ; lequel a fait des millions de victimes : morts, mutilés, déportés et victimes d'épidémies.
Dans sa livraison du 7 au 12 Juillet 1994, The Economist de Londres écrit
dans son Courrier International qu'au mois de Mai, alors que les massacres étaient déjà à leur paroxysme et que 100 000 personnes étaient déjà massacrées à Gisenyi par les troupes franco-rwandaises
: "les français laissèrent débarquer une cargaison d'armes à Goma, au Zaïre. Tandis que l'odeur des cadavres entassés dans une fosse commune à la frontière envahissaient l'aéroport, les armes
destinées aux meurtriers étaient entassées sur la piste" à cette occasion, le Consul de France à Goma justifia cette livraison par "un contrat privé, passé avant l'interdiction des armes au
Rwanda".
A l'évidence, comme l'écrit si justement Angèle Tecumseh dans la livraison de
Haïti Progrès du 27 Juillet au 2 Août 1994 : "Mais ce ne sont pas seulement les camps qui servent d'abris aux forces gouvernementales vaincues, il y a mieux que cela encore, et la fameuse "zone
humanitaire sûre" créée par les Français au sud-ouest du Rwanda est un sanctuaire inespéré pour les criminels contre l'Humanité. On sait que, lors de la création de cette zone début Juillet, le FPR
avait vivement protesté, y voyant un moyen de stopper son avance et de le frustrer une nouvelle fois de sa victoire, comme il en avait été en 1990".
"C'était bien le plan de la France et s'il a échoué du fait qu'il lui a été
impossible de sauver le gouvernement rwandais, la zone de sécurité "humanitaire" a surtout servi de refuge à ce qui restait de ce gouvernement. Prenant des gants pour s'exprimer, la France a dit ne
pas estimer "souhaitable que les responsables politiques rwandais s'introduisent dans cette zone". Mais elles s'est bien gardée d'en chasser ceux qui s'y trouvaient, d'où les menaces du FPR d'y
pénétrer".
LA VOLONTE CLAIREMENT AFFICHEE PAR LA FRANCE DE RECOLONISER DIRECTEMENT L'AFRIQUE NOIRE.
Dans la livraison de Jeune Afrique datée du 14
au 20 Juillet 1994, le Français Jean-Marc Clément déclare notamment : "Aujourd'hui, sous mes yeux incrédules, une guerre de conquête coloniale se déroule dans la plus pure tradition militaire du
siècle dernier. Tout y est ! La "mission humanitaire" qui est le terme dépoussiéré de la bonne vieille "mission civilisatrice", le "rétablissement de la paix", expression moderne de la
"pacification" par les armes ! Aujourd'hui, le soldat n'est plus accompagné du "prêtre missionnaire" mais du "médecin humanitaire". Je ne vois pas la différence (...) j'ai assisté pendant 43 ans à
un "génocide physique et culturel continental" que personne n'a encore osé reconnaître en Occident. Voilà qu'aujourd'hui après avoir noyé les hommes, les femmes, les enfants et les vieillards de
tout un continent, les équipes médicales d'intervention rapide, repêchent les cadavres pour assainir l'eau qu'ils espèrent encore boire. Nous devons suffisamment aimer l'Afrique africaine, mais
hospitalière, pour dénoncer son annihilation par quelque puissance extérieure que ce soit, quitte à en mourir pour que les générations futures sortent du cauchemar de
l'asservissement".
En dernière analyse, l'un des Sept Cavaliers de l'Apocalypse étant la MORT, il n'est pas
exclu, si le Monde n'y prenait garde, que, POUR LE PEUPLE AFRICAIN la France soit bien ce CAVALIER DE L'EXTERMINATION. LE POGROM DU RWANDA EN EST UNE ILLUSTRATION.
Par Munsa Nzinga Kandombe
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Publié dans : Diaspora et Révolution Kamite
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